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Mes souvenirs mêlés aux vôtres.

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Je n'avais pas le droit

En primaire, je rentrais le soir à la maison avec ma voisine, Loïs. Ce soir là, il y avait un cirque sur le terrain de basket du village. Je ne suis jamais allée au cirque, aussi, attirées par les bruits de piste, nous nous sommes approchées du chapiteau.

Loïs tenait absolument à regarder à l'intérieur par l'intervalle des bâches du chapiteau. Moi j'aurais voulu partir, m'enfuir, c'était interdit ce qu'elle faisait, on avait pas payé, donc on ne pouvait pas regarder le spectacle !

J'étais derrière elle, à la supplier de partir, quand j'ai entendu quelqu'un arriver au dehors. L'homme devait nous avoir repérées depuis l'intérieur du chapiteau car il s'est précipité sur nous en criant !

Nous sommes parties en courant, la peur au ventre.

Avez-vous déjà fait quelque chose d'interdit ?

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S
Avec des amis, j'allais piquer du maïs dans les champs...Un jour le fermier nous a surpris et on a du courir et en repassant les barbelés, je me suis accrochée le dos...Je garde une trace indélébile de ce jour...<br /> J'aime beaucoup ton blog, il m'oblige à retourner dans mon enfance...Nostalgie, quand tu nous tiens ! Bisous, Sabineb
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F
"Il n'était pas pour Hitler. Lorsqu'il devint dangereux de ne pas être pour Hitler, il disait, quand quelque chose lui restait sur le coeur : ça, Hitler n'est pas au courant, et quand mon père fut mis en prison pour la deuxième fois, parce qu'il n'avait pas pu se résigner à l'Ordre nouveau : pourquoi ne la ferme-t-il pas, il faut la fermer, c'est obligé. Je me rappelle encore qu'un jour, à huit ans, j'étais en vacances chez lui, je plantai une bonne douzaine de clous dans le plancher. Quand mon grand-père survint, il les retira, essaya de les redresser en tapant dessus, mais ne dit rien. A l'époque, on avait de nouveau besoin de fer pour des clous plus grands et qui volaient, destinés à trouer de la peau vivante, non tannée, et de simples clous étaient rares". Heiner Mûller
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F
"1933, le 31 janvier à 4 heures du matin, mon père, fonctionnaire du parti social-démocrate d'Allemagne, fut arrêté dans son lit. Je m'éveillai, le ciel devant la fenêtre, noir, bruit de voix, de pas. A côté on jeta des livres par terre. J'entendis la voix de mon père, plus claire que les voix étrangères. Je descendis du lit et allai à la porte. Par l'entrebaillement, je vis un homme frapper mon père au visage. Grelottant, la couverture tirée jusqu'au menton, j'étais dans le lit lorsque la porte de ma chambre s'ouvrit. Dans la porte, mon père, derrière lui les étrangers, grands, en uniformes bruns. Ils étaient trois. L'un, de la main, tenait la porte ouverte. Mon père avait la lumière dans le dos, je ne pouvais pas voir son visage. Je l'entendis appeler doucement mon nom. Je ne répondis pas et restai immobile. Puis mon père dit : il dort. La porte se ferma. Je les entendis l'emmener puis le petit pas de ma mère qui revenait seule". Heiner Müller
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