Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Mes souvenirs mêlés aux vôtres.

Publicité

L'enfermement

« La première fois, je découvris avec stupeur de longs couloirs mornes fnaqués de portes épaisses à verrous, et arpentés par ce que j'ai prit d'abord pour des ombres d'humains, ensuite des recalés des statistiques, finalement des inadaptés dont je devais forcément faire partie, puisque malgré moi on m'avait dépouillé de mes vêtements et obligé à revêtir ce pyjama bleu que presque ici nous portions.

Dans ces lieux aussi, je compris qu'il n'y avait qu'à grogner, vociférer doucement, et attendre, toujours attendre que la journée passe, confronté que nous étions à cette solitude intérieure que n'estompait pas cette communauté incertaine. Puis il y a cette peur la première fois d'être enfermé sans espoir de sortir indemne de cette expérience. Car je délirais bel et bien ! Mais les mesures qui avaient été prises pour amoindrir cet excès de l'imagination, lequel avait pris le pas sur mon appréhension de la réalité, me semblaent démesurées et capables d'anéantir mon moi. J'avais peur. Car quoi ? Qui est-on quand on est enfermé dans "la chambre d'isolement" ? Il y règne un bleu obsédant. Bleu : les quatre murs en sont recouverts. Le plafond lui-même, perché à six mètres de hauteur, est bleu. Alors oui, tandis que les produits que m'ont injectés que m'ont injectés les infirmiers semblent s'estomper, je peux d'un oeil hagard me distraire de la beauté de ce bleu clair et crémeux, autour de moi m'inondant. À l'acmé de mon délire je me crois plongé dans une pscine d'uranium. Seulement cet enfermement n'amoindrit pas la portée des questions qui me pèsent. Je suis rouge de colère, en fait, et me demande ce que j'ai bien pu faire à la société pour mériter un tel traitement. Car voilà bien que mes quatre membres sont entravés par une camisole et que c'est saucissonné comme une marchandise que je gis sur un lit dont chacun des pieds est soudé au sol. Il n'y a point de mur molletonné dans cette chambre mais une porte renforcée à poignée actionnable de l'extérieur, aux vis que je ne peux dévisser de l'intérieur interdisant toute fuite. Le tout est agrémenté d'un pot de chambre et rien de plus, comme s'il fallait que seul le soleil et les excréments aient le droit de sortir librement de cette chambre à la fenêtre grillagée. Il n'y avait donc rien à faire que prendre son mal en patience... D'autant que je devais fréquenter cette chambre bien des fois dans la suite de mon existence... »

P.

Avez-vous déjà vécu l'enfermement, la privation de vos moyens ? Que vous souvenez-vous de cette période ?

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Suite ç une grosse depression endeuillée
Répondre
M
Idem...
Répondre